Somme 18

mars à septembre 1918 dans le Santerre

                Les monuments aux morts de nos communes rappellent les noms des enfants du pays morts à la guerre. Mais qui se souvient de ceux qui, venus de loin, sont tombés ici ? Cependant, ces derniers sont bien plus nombreux. Un exemple, Vrély. Selon le site ‘mémoire des hommes’ : 4 natifs de Vrély tombés entre mars et septembre 1918 (27 sur toute la guerre) – et 14 tués à Vrély à la même période (113 sur toute la guerre). Une recherche similaire n’est pas aisée pour les autres belligérants, mais on peut raisonnablement considérer que les chiffres sont similaires …

Qui étaient-ils, ceux venus de loin pour souffrir ici ? Un jour, je me suis rendue dans deux cimetières britanniques et allemands et ai noté (en les photographiant) des noms. Rentrée devant mon ordinateur, j’ai cherché ces noms. Ultérieurement, j’ai poursuivi la recherche avec, pour les Britanniques, « KIA 1918 (lieu) » et pour les Allemands « 1918 (lieu) gefallen ». Résultat : de longues listes. Des noms. Mais qui étaient-ils ? Leur passé militaire m’intéressait beaucoup moins que leur personne : Où habitaient-ils ? Avaient-ils une famille ?

Au début de ma recherche, un historien que je respecte m’avait dit, devant ma totale ignorance des choses militaires : « il va falloir vous y mettre ». Je suis aujourd’hui au regret de lui dire que je ne m’y suis pas mise !

Toutefois, j’ai trouvé, pour certains ; en effet, le souvenir de l’hécatombe est si fort que nombreux sont ceux qui ont honoré le souvenir des morts en confiant à internet des éléments plus détaillés qu’une fiche militaire.

Je pense ici, par exemple, à Thomas Bashforth, tombé à Arvillers le 27/3/1918 ; son petit-fils a consacré de longues années au souvenir de la « 11th DLI ». Nous sommes en contact régulier depuis.

Parfois, les recherches ont mené vers d’autres : par exemple Leopold Buchheimer, qui repose à Andechy : il était juif et j’ai pu aider qui s’intéresse aux familles juives de son village à retrouver trace ultérieure de sa famille ; triste résultat : une partie de ses proches a été massacrée quelque deux décennies plus tard …

Dans les longues listes ‘tué à …’, de nombreux noms de disparus : corps jamais retrouvés, comme celui de Th. Bashforth. Je poursuivrai donc, en 2019, mes recherches sur les cimetières provisoires qui existaient dans chaque commune, ou presque : celui du  petit hameau où j’habite comportait environ 300 corps : où sont-ils désormais ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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